Coffret réédition​-​Le trésor de la langue (1989​-​2007)

by René Lussier

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about

René Lussier Le Trésor de la Langue

La langue parlée, littéralement prise en dictée musicale, transposée et orchestrée.
Une fresque sonore sculptée dans le vif des mots, ceux de la
rue et ceux des archives politiques et folkloriques du Québec.

This is spoken language textually transcribed and transposed into music.
A soundfresco made of living words, both the words of the street and words
drawn from the archives of Quebec folklore and politics.


CD 1: Le trésor de la Langue - édition originale (65 :45)
CD 2 et 3: La mort du Concorde - hommage à Pierre Bourgault, composé à partir de sa dernière entrevue radiophonique ( 7:43 ); Les archives de l’Espiègle - Les meilleurs moments de la tournée du « Trésor de la Langue en concert » juxtaposés à des extraits de la trame musicale du film de Fernand Bélanger « Le trésor Archange » ( 93 :00 ).

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« Edition originale + 100 minutes d’inédits! »
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La petite histoire du Trésor de la Langue

L’aventure commence en1986. Je m’attelle à un projet issu de la langue parlée. J’imagine une sorte de « road movie » sonore, sculpté dans le vif des mots, ceux de la rue et ceux des archives politiques et folkloriques du Québec. Trois années de travail quasi monastique me permettent de créer une pièce de 30 minutes qui gagne le Prix Paul Gilson 1989 de la Communauté des Radios Publiques de Langue Française. Le prix est doté d’une bourse de 6,000 francs suisses que je réinvestis pour compléter l’œuvre et produire un CD de 65:45 minutes (le premier disque compact de l’étiquette Ambiance Magnétique) qui est lancé à la Cinémathèque Québécoise en janvier 1990.

En 1992, Michel Levasseur m’invite à faire une version « live » du Trésor au Festival International de Musique Actuelle de Victoriaville. J’adapte le projet pour la scène avec un groupe de musiciens fantastiques. Richard Desjardins écrit de nouveaux textes et joue le maître de cérémonie. En 1993, nous jouons au Festival d’été de Québec et dans plusieurs Maisons de la Culture. Trop occupé, Richard Desjardins poursuit sa route, mais une partie de ses textes nous restent et le poète Patrice Desbiens, qui s’est joint à l’équipe, en apporte de nouveaux. En 1994, nous sommes invités par plusieurs festivals européens dédiés à la musique innovatrice (France, Allemagne, Suisse, Belgique, Hollande).

Le cinéaste Fernand Bélanger s’intéresse à nous et filme plusieurs spectacles ici et en Europe. S’inspirant à la fois de mon projet et du roman de Jacques Ferron, le St-Elias, Bélanger me renvoie sur les routes du Québec en compagnie du preneur de son Claude Beaugrand. Nouvelles cueillettes sonores, cette fois devant la caméra de Serge Giguère, tout au long du chemin du Roy et aux Archives de l’Université Laval. Cette fois, je « note » les voix parlées des personnages de son film. Sur une période de huit mois, nouvelles compositions, nouvelles orchestrations et un énorme travail de synchronisation de la musique et des voix pour qu’on puisse « voir » la musique sortir de la bouche des personnages! Le Trésor Archange de Fernand Bélanger sort en 1996.

La même année, je rencontre Pierre Bourgault dans l’antichambre d’une émission de télé. Il m'aborde entre deux puffs de Gitane sans filtre; « René Lussier? Pierre Bourgault…( puff puff)… Très intéressant le Trésor de la langue, mais… INCOMPLET." Je suis très intimidé et je me surprends moi-même en m’entendant répondre du tac au tac : "Il manque juste toi!" Il me répond « C'est CA! ». Onze ans plus tard, cette édition me permet enfin de réparer l’impair, de « compléter » mon projet et de lui faire un clin d’œil dans l’au-delà!

— RL

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Au Québec la question de la langue demeure épineuse. Malgré ses 400 ans de résistance, malgré sa force numérique et économique actuelle, la survie de la seule communauté francophone d’importance en Amérique est menacée. Elle dépend des solutions que l’on trouvera pour contrer les effets conjugués de la dénatalité et de l’immigration massive. À bord du French Spirit, une de ces voitures qui «exaucent» par en-dedans, deux aventuriers de la langue montent à Québec par le Chemin du Roy. Au long de leur quête, nos héros s’informent de la route à suivre tout en questionnant les gens qu’ils rencontrent au hasard: «Est-ce important de parler français au Québec?» De rues en autoroutes, de la Principale en passant devant la Cathédrale, ils aboutissent finalement aux archives de la langue du Québec. C’est là qu’ils découvrent, après s’être cognés à de nombreuses portes, le «Trésor de la langue». Mais à peine ont-ils eu le temps de fouiller les précieuses reliques qu’ils tombent sur un os empoisonné. La survie de la langue est intimement liée à la conquête politique du pays et les événements des dernières décennies ne peuvent que resurgir du fond de la sonothèque-mémoire pour revenir hanter de nouveau les ondes. Mais quelle est donc cette langue que l’on tient tant à préserver? Quel est son mystère? Qu’y a-t-il donc sous les mots? Depuis quelques années, René Lussier glane à gauche et à droite des exemples de la langue parlée au Québec. Dans la rue, dans les bars et les cafés, au cinéma, à la radio, à la télé et jusque dans les archives folkloriques, il a recueilli sur bande le son de la vie française au Québec. À partir de cette collection sonore, il a créé une œuvre surprenante où se mêlent langue et musique de façon étonnante. Son procédé d’intégration consiste à prendre en dictée musicale chaque intervention parlée. Chaque mot, chaque phrase, chaque inflexion est ainsi transposé en langage musical pour divers instruments. Les mélodies et les motifs obtenus sont ensuite arrangés et orchestrés dans des styles très variés. Comme le dit si bien René Lussier: «C’est incroyable ce qu’on peut se dire comme mélodies à chaque jour! Et personne n’a peur de ces phrases-là… mais une fois transposées en musique, elles ont de quoi surprendre et même choquer!»

— Robert Marcel Lepage, 1989

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Qui s’en souvient?


Wampanoags, Paranokets,
est-ce que ça vous dit quelque chose?
Je continue. Narrangansetts,
Beotuks, Pequots, je fais une pause.

L’Espagne, la France et l’Angleterre,
déjà là c’est plus reposant.
Pour discuter vocabulaire
faut commencer par être vivant.

Pour assurer notre survie
on a tué bien des personnes.
Leurs noms ne sont pas tous écrits
dans les registres de la Couronne.

Si j’ai le droit d’parler français? ou anglais?
Du fond de mon cœur, des os de mon corps,
va demander ça aux Iroquois.
Pi profite-z’en, y en reste encore.


— Richard Desjardins, Montréal, 4 janvier 1989

credits

released January 1, 2007

ÉDITION ORIGINALE:

René Lussier : guitares, basse électrique, casiotone, percussions et voix
Claude Beaugrand : son libre et voix
Jean Derome : saxophones, flûtes, claviers et voix
Fred Frith : basse électrique, violon et piano
Richard Desjardins : voix
Alain Trudel : trombone et euphonium
Claude Simard : contrebasse
Pierre St-Jak : piano
Jean-Denis Levasseur : clarinettes
Céline Chaput : voix
Tom Cora : violoncelle

Notation, composition et montage : RL
Réalisation (1-13) RL; (1 à 4) Hélène Prévost, SRC.

Prise de son: Robert Langlois (studio 270), Gaétan Pilon (studioVictor)
Mixage: Gaétan Pilon, RL assité de Fred Frith et JeanDerome.
Ambiances Magnétiques AM 015 (1989)

Image: Louis-Pierre Bougie

INÉDITS 1 et 2 :

"LIVE"

RL : guitare, podorythmie, voix et cassettes
Jean Derome : saxophones, flûtes, claviers, appeaux et voix
Bob Ostertag : clavier échantillonneur
Alain Trudel : trombone
Tom Walsh : trombone
Jean-François Martel : basse électrique
Pierre Tanguay : batterie
Richard Desjardins : piano, poésie et voix (en 92/93)
Patrice Desbiens : poésie et voix (en 93/94)

Prise de son au Québec : Louis Légaré
Prise de son en Europe : Manu Gilot

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Studio pour les extraits du film Le Trésor Archange de Fernand Bélanger
16mm, production du Rapide blanc 1996.

RL : guitares, basse électrique, voix et percussions
Claude Beaugrand : son libre, voix et conception sonore
Jean Derome : saxophones et flûtes
Fred Frith : violon
Alain Trudel : trombone
Pierre Tanguay : balais

Échantillonneur guide : Diane Labrosse
Synchronisation musique/voix : Christian Marcotte et RL
Prise de son et mixage : Robert Langlois (studio 270)

PUC-04

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